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Café littéraire du 23 novembre 2018

Photo du rédacteur: Comité de lecture
Comité de lecture
22 avr. 2019
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 avr. 2019

Cette soirée a été consacrée au thème de l’exil.

Pour en parler, 3 auteurs étaient présents :

Nathalie Brodin-Beker pour le livre « D'or et d'exil »,

Olivier Delorme pour « Tigrane l'Arménien »,

Michel Wenig pour « Lettres à Khayè » de Zysman Wenig.

Dans « D'or et d'exil », il s’agit de David Yenkl qui commence son journal intime à 13 ans et nous raconte son histoire du 20ème siècle. Sa Russie natale et aussi l’URSS qu’il quitte ; la ville lumière qu’il adopte dans toutes les contradictions qui feront son bonheur comme ses souffrances. Un migrant parmi tant d'autres qui va suivre un chemin semé d'embûches et de découvertes. Une vie passionnée et passionnante racontée sous la forme d'un journal, un style particulier qu'il fallait oser utiliser pour raconter ce siècle.

Nathalie Brodin-Beker raconte l’histoire de son grand-père.

Dans « Tigrane l'Arménien », nous sommes en 1914 : Bedros Arevchadian débarque de sa lointaine province afin de poursuivre ses études dans le meilleur lycée de Constantinople. Seul survivant de sa famille en 1918, il devient un des « vengeurs » de l’opération Némésis qui vise à éliminer les responsables du génocide arménien. Un siècle plus tard, ses petits-fils, Thierry, le commissaire européen, et Tigrane, le douanier, tentent de récupérer des documents qui rendraient impossible le négationnisme de l’État turc, lorsque, à deux pas de Thierry, une balle tue le patron de la Stolz qui produit un pesticide accusé d’empêcher la reproduction des abeilles. Mêlant le temps du génocide au nôtre, Olivier Delorme nous entraîne d’Istanbul à Tiflis, et de la Vienne des années 1920 à l’Athènes d’aujourd’hui meurtrie par la crise, dans une intrigue haletante où s’imbriquent roman historique et suspense d’un thriller au fil duquel la vie amoureuse de Tigrane connaît de profonds bouleversements.

Olivier Delorme est historien et romancier. Il est l’auteur de La Grèce et les Balkans du Vème siècle à nos jours, et de quelques romans dont « Le plongeon » ou « Le château du silence ». Il a également publié en 2017 « Trente raisons de quitter l’Europe ».

Dans « Lettres à Khayè », on découvre que depuis qu’il a été interné au camp de Pithiviers, en mai 1941, Zysman écrit presque tous les jours à Khayè, sa femme. Quelques lettres rédigées en français mais censurées, et puis les autres, celles écrites en yidiche, leur langue maternelle, et passées sous le manteau, au nez et à la barbe des autorités concentrationnaires.

Ces lignes serrées clament son amour absolu pour Khayè, sa « chère âme lumineuse », mais racontent aussi l’intimité, les peurs, la révolte et l’âpre quotidien... Zysman, maintenu dans l’ignorance de son sort prochain, ne se berce pas d’illusions et pressent à de nombreuses reprises toute l’horreur et l’ampleur du projet d’extermination nazi. Pourtant, inlassablement, il tente de transmettre à son épouse sa formidable envie de vivre, sa force et sa détermination.

Débordante de vie et d’amour, cette correspondance inédite dessine le portrait d’un couple malmené par l’histoire et la folie des hommes pour, finalement, nous donner une magnifique leçon d’espoir et de courage.

Michel Wenig, fils de Zysman, s’attache à témoigner des raisons de l’exil et de ce que fût la déportation de sa famille

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