"SUZURAN" d’Aki Shimazaki

Par Philippe :

Suzuran, muguet en français : fleur au parfum entêtant qui semble fragile mais est très toxique
Anzu est céramiste et élabore des vases Ikébana. Elle est divorcée et élève seule son fils de dix ans dans sa ville natale au bord de la mer du Japon face à la Corée et au pied du mont Daisen.
Elle comble le manque d’amour par son travail qui l’épanouit pleinement : "La poterie est indispensable à ma vie. En pétrissant de l’argile avec mes mains puis en façonnant une pièce, j’oublie tout ce qui se passe autour de moi. Et, chaque fois, au moment de sortir mes œuvres du kama (four), je suis à la fois très excitée et soulagée, comme après un accouchement. Émue par les motifs créés au hasard par le feu de bois, je mûris déjà un nouveau projet."
La sœur ainée d’Anzu est son opposé, elle vit à Tokyo et est séduisante et ambitieuse. Elle multiplie les conquêtes masculines et semble avoir tout pour être heureuse.
Anzu vit sereine au sein de sa famille et de son art et les deux sœurs semblent être très complices. Est-ce la vérité ? Ne déflorons pas le sujet…
Le récit est plein de poésie et de délicatesse mais sous la surface tranquille se cachent des drames, des tensions et les rebondissements vont se succéder avec la note finale inattendue. Nous pénétrons les contrastes de la vie japonaise avec délice et ce court roman appelle une suite.
Aki Shimazaki est née au Japon mais vit à présent à Montréal et écrit en Français. Elle déploie ses récits en « pentalogies », cycles de cinq romans courts.
Suzuran est le premier de la série « Une clochette sans battant » et est suivi de Sémi, No-no-yuri et Niré.




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